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Le grand bazar du n'importe quoi

J'écoute : la rumeur de la ville.
Je regarde : l'écran
Je lis : Alors, heureuse ? (Jennifer Weiner)
Je joue : à l'idiot
Je mange : avec une fourchette ou des baguettes
Je bois : , tu fôrestes, il/elle clairière, nous bosquetons, vous lisierez, ils/elles fouretent ...
Je cite : "never explain, never complain" (mais ce n'est pas facile)
Je pense : donc j'essuie la vaiselle
Je rêve : trop
(mis à jour mercredi 1 août 2007 à 22:39)

09/03/2006

09/03/06 - 02:18

Fiction ... à suivre ou pas

Ce soir je m’ennuie, je suis tout seul et rien de prévu à l’horizon. Je décide d’aller dîner tranquillement, il fait trop beau et ce serrait dommage de laisser perdre ces beaux rayons de soleil à l’agonie en ce début de soirée.

Cette terrasse fera l’affaire, je m’installe donc à cette table. Après avoir regarder d’un œil distrait le menu du restaurant je m’attarderai sur le menu que m’offre la rue.

Y a pas à dire, je trouve que chaque garçon (ou presque) à quelque chose d’attachant ou de sexy. De toute manière la perfection n’est qu’une pure illusion… surtout en matière de mecs. Et puis vu ma tronche l’idée d’avoir des goûts de luxe en serait déjà un.

Mon dieu, faites que celui-ci n’ait pas remarqué que je ne le regarde pas : mais que je le dévore des yeux, purement et simplement. Mais comment peut-on laisser un mec aussi charmant en liberté non surveillée ? Ce garçon est un attentat à la pudeur, même habillé.

Je ne crois pas être le seul à l’avoir remarqué car mon voisin à droite est en train d’oublier quelque peu le mec qui lui fait face à table.

Bon, le menu, le vrai cette fois-ci. J’aime bien ce restaurant asiatique, ils font tout : chinois, japonais et thaïlandais, ce soir j’opte pour la cuisine Thaï. Les piments n’auront aucune utilité mais ce n’est pas dramatique.

- « veuillez m’excuser »

Le serveur certainement, je lève la tête. Erreur. C’est lui. Ce garçon.

- « gné ? » c’est tout ce qui me vient à l’esprit, je suis rouge de honte. C'est le mec qui m'a usé les yeux ces cinq dernières minutes et engendré en mois des scénari peu avouables avant de passer à table.
- « pardon ? »
- « vous voulez ? » (c’est mieux que « gné » tout de même.)
- « vous dînez seul ? »

Si je lui dis une fois de plus « gné » ou une autre onomatopée du genre il appelle SOS psychiatrie, et à vrai dire l’entonnoir sur la tête me sied mal. C’est quoi cette question « vous dînez seul ? » Je suis peut-être seul dans un quartier gay mais de là à …. Je m’emballe garçon. Reprends tes esprits

- « oui » un peu pète-sec mais il s’en remettra
- « je peux me joindre à vous ?
- caméra cachée peut-être ? » c’est la seule chose que je vois… ce mec est trop mignon pour ne serrait-ce s’attarder qu’une demie seconde sur moi.
- « je vous demande pardon ?
- un pari avec un ami à vous peut-être ? ''tiens si on se payait la tête d’un moche ce soir ?'' » les meilleures plaisanteries ont une fin. Ca doit être ça. d'où nous oberve-t'il ?
- « Pourquoi es tu sur la défensive ? Je t’ai juste demandé si je pouvais dîner avec toi c’est tout. »

Bon, ce garçon doit avoir un problème, le fou c’est lui, ce n’est pas moi. Une chose de sûre. Mais je lui réponds quoi moi maintenant ? Et puis d’où il me tutoie comme si nous avions échangé nos premières cassettes pornos ensemble ?

- Votre demande est surprenante vous ne trouvez pas ?
- en quoi ?
- je ne sais pas moi, ça ne me viendrait pas à l’esprit d’aller comme ça demander à un inconnu de dîner avec lui
- qui ne tente rien… tu attends quelqu’un peut-être ?
- non, je n’attends … mais pourquoi diable je vous répondrais ?
- donc tu es tout seul à dîner
- gné.. mais, heu, mais
- j’ai donc raison, tu es seul à dîner
- quelle perspicacité ! vous lisez dans les boules de cristal ou quoi ? Et puis avant tout, quel toupet !
- toi tu es gêné, c’est évident. Lâche-toi un peu

Il va où celui-là, mais je n’ai plus aucune arme contre lui, car il a un sourire ravageur, parle d’un ton très doux et a une voix grave si agréable. De toute évidence il s’agit d’une blague d’un ami à moi. Ou alors le réveil va sonner bientôt, évidemment au moment de conclure ... retour à la réalité.

- bon allez, dites-moi tout. Un ami me fait une blague
- aucunement, tu es tout seul à une table, je suis tout seul et j’ai faim et voilà, pourquoi se formaliser autant, tu n’aimes pas l’imprévu ? Puis cesse de me vouvoyer ça me saoule.
- ok, je baisse la garde. Vous voulez dîner avec moi, pas de problème. Ca n’engage à rien.
- Nous y voilà… puis lâche ce « vous » : le monsieur t’autorise à le tutoyer
- Je veux bien être sympa mais si tu commences à te payer ma tête on va tout de suite passer au dessert
- Désolé… mais qu’est ce que tu es coincé
- Je ne suis pas coincé, je suis surpris
- Tu es coincé
- Je suis coincé et surpris

Où veut-il en arriver ? Je préfère vraiment rester sur mes gardes, le genre de mec sûr de lui, à qui rien de résiste car il est charmant comme tout. Manquait plus que le serveur

- je pensais que vous étiez tout seul, j’apporte un couvert supplémentaire

C’est un complot, il a soudoyé le serveur.

Silence, … je n’ose le regarder, il est vraiment beau. Mais tordu. Voilà, beau mais tordu. Je décide de reprendre la conversation

- vous faites cela souvent de vous immiscer à la table d’un autre ?
- t’avais réussi à me tutoyer juste avant. Non, je ne le fais jamais à vrai dire mais je t’ai vu et voilà
- il est caché où ton labrador ? Ou alors j’ai l’air si pathétique que tu fais une bonne œuvre
- quelle mésestime de toi. Tu es loin d’être un canon mais tu as du charme
- je n’ai jamais pu pensé qu’un mec aussi mignon que toi puisses avoir un cerveau ou une once de gentillesse. C’est bien ce que je dis, tu as envie de te payer la tête d’un moche.
- T’es parano
- Et moche et toujours dubitatif à ton égard
- Tu prends quoi ? J’ai envie de japonais
- Ca tombe bien je veux du thaïlandais

Mes voisins de table ne le lâchent plus du regard et lui montrent toutes leurs dents dès qu’il tourne la tête vers eux. Je leur refile s’ils le veulent, ils pourront jouer à la chenille tous les trois ce soir comme ça.

Maintenant il ne cesse de me regarder, je sens que la blague a assez duré.

- bon, je ne connais pas ton prénom, mais je suis toujours aussi surpris par tes motivations et ta façon de faire
- mon prénom c’est Stuart, ma mère est anglaise. Mes motivations ? Je ne t’ai pas demandé en « pacsage » non plus, alors calme toi et profite de la vue
- alors pour un prétentieux je ne crois pas avoir vu mieux
- pour un mec quelconque tu as de l’esprit et le sens de la répartie, j’aime beaucoup
- et ma main dans ta gueule tu vas aimer ?
- très peu pour moi le SM

Si je faisais mettre discrètement de l’arsenic dans son assiette, ce mec est un vrai connard. Mais pour qui se prend-il ? Le silence s’installe à nouveau et son regard sur moi devient vraiment gênant.


- Tu fais quoi dans la vie ?
- Je fais bouche trou à un mec canon qui s’invite à la table des autres : les moches
- Tu me trouves canon vraiment ? je m’en doutais un peu vu la manière dont tu me matais tout à l’heure derrière le menu pour cacher ton visage.

Merde, grillé. Que je suis faible. Faut avouer, des mecs comme ça on les voit plus souvent en couverture glacée de magazines invitant aux fantasmes.

- j’ai cru que tu étais quelqu’un d’autre, un ami à moi qui te ressemble
- foutaises ! avoue : je te plais
- si je réponds par l’affirmative je gagne quoi.
- qui sait ?
- tu es vraiment trop prévisible comme garçon, c’en serrait presque ennuyeux.
- que veux tu dire ?
- genre le beau mec qui se la pète grave et qui croit qu’il obtient tout en claquant des doigts
- tu vies dans les clichés mon pauvre ami. De plus tu es un menteur. Dis moi le contraire que je ne te plais pas et je quitte la table

Le salaud !!!! Il m’a cerné. Ce mec est vraiment trop charmant. Et ma morale dans tout ça ? Laissez passer une telle occasion. Voilà que je pense « plan cul » … moi qui n’ai jamais pu coucher avec un mec sans l’avoir vu au moins dix fois avant de passer aux choses sérieuses. Et je peux vous assurez que grands nombres ont quitté le navire au bout de la troisième fois : les rats.

- Tu prends toujours du japonais ?
- Oui

J’appelle le serveur et nous passons la commande.

Les silences deviennent de plus en plus lourds, mais pire que tout c’est son regard bleu sur moi. Moi le mec profondément complexé qui ferrait mieux de perdre 10 kg et penser à porter plainte contre mes géniteurs pour la tronche qu’ils m’ont commandé sur cygogne.fr

- A quoi penses-tu ? me demande-t-il
- A rien
- Menteur
- Jouons franc jeu : que veux-tu de moi ? Un repas chaud ? Ok, je t’invite et puis après le saké on se dit au revoir d’accord ?
- Sincèrement, ce n’est pas ce dont j’ai envie
- Tu n’aimes pas le saké
- Arrête de jouer avec moi. Tu sais ce que je veux : toi

Le sens du mot paradoxe me gifle en pleine figure : je crève d’envie de ce mec tout en le détestant. Mon ego est blessé qu’il me considère comme un vulgaire morceau de bidoche à sexe facile à attraper (de plus, je ne suis pas vraiment à son goût) et je suis fier de voir la tronche de mes voisins et des passants dépités qu’un mec aussi canon puisse m’offrir sa présence.

Les gays sont vraiment étroits d’esprit parfois. Pourquoi pas moi en fin de compte ?

Deux choix s’offrent à moi… lequel choisir. L’option de me laisser aller est tout de même très tentante.

- tu t’appelles comment, toi ?
- Olivier
- Enchanté. Tu fais quoi dans la vie
- Je bosse dans le tourisme : l’hôtellerie.
- Moi je ne travaille pas, j’ai la chance de pouvoir vivre des intérêts de quelques placements faits par ma famille.
- Je comprends mieux ta personnalité, rien ne peut te résister. Tous les coups sont permis avec toi.
- Ton discours est nul, encore un cliché. Je ne suis pas que beau et riche

C’est bon, je le déteste. Je ne crois jamais avoir éprouvé autant d’antipathie pour un homme… et d’attirance physique.



A suivre … ou pas

commentaires

09/03/06 - 03:49

Ca m'a donné envie d'aller manger Thaï tiens !

09/03/06 - 08:21

c'est un gigolo ^^

09/03/06 - 11:02

Je veux la suiiiiiiitttteee !!!!

09/03/06 - 13:16

j'attends aussi!

16/03/06 - 20:01

et apres? apres?

perso un mec qui me dit "je ne suis pas QUE beau ET riche", ou alors, "c'est vrai t'es pas canon", il aurait grillé toute ses chances!

17/03/06 - 09:55

Très intéressant. Je meurs d'impatience!

20/03/06 - 14:32

bah on aura pas la suite on dirait

20/03/06 - 16:15

J'ai commencé une suite la semaine dernière.

Mon orthographe étant déplorable j'écris presque tout sur Microsoft Word avant de le copier/coller ici et, miracle de la technologie, mon Word a planté et il m'a été impossible de récupérer le fichier.

Promis j'y bosse et il y aura une suite :)

Je ais mon fan club attend … bah il attendra (*)

(*) Promis je ne changerai pas mon pseudo en bogosscorpio :)

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