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Le grand bazar du n'importe quoi

J'écoute : la rumeur de la ville.
Je regarde : l'écran
Je lis : Alors, heureuse ? (Jennifer Weiner)
Je joue : à l'idiot
Je mange : avec une fourchette ou des baguettes
Je bois : , tu fôrestes, il/elle clairière, nous bosquetons, vous lisierez, ils/elles fouretent ...
Je cite : "never explain, never complain" (mais ce n'est pas facile)
Je pense : donc j'essuie la vaiselle
Je rêve : trop
(mis à jour mercredi 1 août 2007 à 22:39)

22/05/2007

22/05/07 - 14:06

Il souffre.

Et alors ?

Je me suis bien gardé de lui lancer des signaux qui pourraient lui faire croire que je suis encore disponible, même nous sommes toujours restés sur un mode aseptisé lorsque nous échangions encore quelques messages.

C'est étrange de découvrir son monde intérieur alors que je ne peux pas avancer que je le connaisse.

Il n'a pas daigné aller plus loin et son silence à mon égard n'était qu'une preuve supplémentaire de son désintérêt. Comportement humain que l'on ne peut lui reprocher. Seule la manière m'a blessé.

Il s'est ouvert à moi, à la cantonade, quand son cœur a saigné et je l'ai écouté. Mais je sais que le flot des mots est inépuisable quand se brise une âme contre une autre. Je lui ai proposé de l'écouter, il n'a pas répondu. D'autres veillent sur lui.

Suis-je pour autant odieux d'apprendre qu'il sombrait et sombre encore dans les méandres d'une vie espérée et rapidement avortée ? Oui : comme vengeance puérile et inadaptée de ma part.

N'être rien est plus douloureux aux yeux des personnes à qui nous aurions voulu plaire.
N'être rien est plus doux aux yeux des personnes dont on sait que nos vies ne se croiseront jamais.

Pourquoi alors écrire ces lignes alors que cette personne m'a indéniablement signifié que je resterai ce "rien".

Peut-être ai-je cru à un supplément d'âme lors de nos échanges furtifs et stériles, mais je me suis trompé.

Nous semblons souffrir des mêmes maux de l'existence mais cela n'y changera rien :

Nous ne serons jamais amis, et je l'ai notifié virtuellement. Et vice versa.

Je ne serai pas réceptif aux appels, aussi microscopiques soient-ils, de sa part pour ne pas une fois de plus me retrouver "hors jeu". Protection bien futile dans ce monde où la virtualité a des effets sur la réalité des êtres que nous sommes.

La pluie effacera peut-être les traces de ses souffrances. C'est tout le mal que je lui souhaite.

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